Innocent gaze, unfinished grin!
Innocent gaze, unfinished grin!
L’aube d’une enfance aigrie.
“Dessinez-moi un sourire, je suis l’aurore du bel âge, candeur et innocence de mon époque.”
Omar, le bédouin.
“On me nomme Omar, Omar l’errant. Le Maroc m’a toujours relégué aux rangs des bédouins, mais cela m’importe peu. Le regard du citoyen urbain se pose sur moi comme une vermine de l’Atlas, mais si je ne puis renier mon appartenance ethnique, ma dignité me pousse loin de ces billevesées raciales : Là où les montagnes constituent mon seul refuge et abri.
L’âge ne s’est pas simplement amusé à tracer de ses ongles crasseux de viles cartes sur mon visage, m’annonçant ma mort prochaine, mais il m’a également appris à vivre. Car, qu’est-ce que la mort sinon un prolongement de la vie ? Je n’attends plus ma fin, je la chéris. Elle me délivrera des atrocités du jugement humain. Mais s’il est une chose que je continuerai à regretter de par ma tombe, c’est ces recoins des montagnes de l’Atlas où jadis, je rayonnais sous le soleil torride en quête de nourriture pour sauver la peau de mes chèvres des crocs de la faim, c’est cette douce et humide ombre dans laquelle je m’empressais à planter ma tente le jour, c’est aussi cette étoile qui m’est unique bienveillante le soir, quand, dépourvu de toute prudence, je m’assoupis alors que la fatigue frappe mes membres comme les vagues se jettent sur le récif sans répit.
La mort ? Mes enfants, ce n’est point un supplice pour moi. L’espoir est une chimère de l’esprit. Le temps vous l’apprendra, comme il me l’a appris… plus tard qu’il ne fallait.” ~ Abdela
Ain Asserdoun, âme de Béni Mellal.
Béni Mellal et le château de Aïn Asserdoune !